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7 choses à retenir du débat entre Juppé et Fillon

Décoder Par Eric Le Braz 25 novembre 2016

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Ils se sont à peine égratignés. Mais l'un a mordu plus  fort que l'autre

Ils ont mis tous les deux une cravate obamienne. Ou quasi bordeaux. Ce sera l’un des nombreux points d’accords avec le nombre de ministre (quinze) ou  les licenciements facilités. On en oublie mais il y en a tellement…

 Benoist Apparu soutien de Juppé, l’a dit  à l’issue du débat : « On est 80 % d’accord ». Les 20 % restant étaient surtout techniques. Mais on a presque zappé ces différences tant ce débat était courtois, tranquille, presque complice. C’est dire. 

Mais cette retenue a surtout profité à l'un des deux. Alain Juppé a retenu ses coups et quand il s'est lâché, il a perdu beaucoup. François Fillon est resté distant et un peu méchant. Il est arrivé en favori, il est reparti en vainqueur.

1 Juppé a réussi une partie du débat

Car il a distribué quelques piques : « Supprimer 500.000 emplois, cela veut dire ne recruter aucun infirmier, policier ou gendarme, et ce n'est pas possible ». C’est facile, mais ça marque. Et la réponse de Fillon paraît bien faible : « On peut mettre fin à des contrats, on peut aussi organiser des départs volontaires." Pareil sur la sécu, Juppé a joué sur du velours :  "Je ne toucherai pas auw taux de remboursement dont bénéficient les Français, et qui ont déjà été rognés ». Et il a été plutôt convaincant sur sa méthode qui exclut le référendum voulu par Fillon mais « qui contribuerait remettre la France en campagne électorale". 

C'était au début du duel. Juppé avait rentré ses griffes mais pas sa langue ni ses compétences ; ça ne durera pas. 

2 Mais Juppé s’est aussi beaucoup planté

Car il en avait trop dit trop tôt. Son obsession de poser des questions avant le débat pour durcir la campagne a permis à Fillon de peaufiner ses réponses. Le catho décompléxé s’est sorti du piège de l’avortement en restant droit dans ses bottes  : « "On m'a présenté comme une sorte de conservateur moyenâgeux qui serait contre l’avortement. C'est totalement faux. Je ne toucherai à rien dans ce domaine. Le procès qui m’a été fait n’est pas correct ». 

Fillon a carrément cassé Juppé quand celui-ci s’est plaint de la campagne de dénigrement dont il a été l’objet, d’avoir été traité d’ "Ali Juppé" et de ne pas avoir été défendu par Fillon. Et l’autre de répondre : « Quand je me fais traiter d'homophobe tous les matins, je ne t'ai pas entendu prendre ma défense. Chacun est grand et s’occupe de ses affaires ». Et vlan. Juppé en avait trop dit avant le débat en révélant déjà ses questions. Fillon avait eu le temps de peaufiner des réponses cinglantes..

3 Juppé a bafouillé

Ce qui n’est pas si grave a priori. Sauf que Fillon a fait un sans faute alors que Juppé, pourtant accroché à ses notes, a confondu des millions et des milliards et qu’il a été corrigé en direct par son adversaire. Un truc idiot mais qui peut souligner l’ âge de l’un par rapport à l’autre… 

Lors de la conclusion, le maire de Bordeaux s'est aussi égaré quand Pujadas lui a demandé s'il avait eu un regret : «Mon regret, j'en ai beaucoup. Non en fait, pas tellement.»  Fillon, lui, n'a pas paru un seul instant désorienté. Comme un vainqueur qui vient juste passer une formalité en distribuant quelques coups avant de décrocher la médaille..

4 Juppé en a bavé

On se dit en les voyant qu’ils feraient de bon présidents dont on n’aurait pas honte, comme qui vous savez, suivez mes regards. Et ils étaient aussi assez humains ; Fillon droit comme un I as usual  mais qui se gratte, Juppé qui postillonne un peu. Bon, peut-être qu’ils vont finir par réussir à pleurer comme Obama…

Mais là encore, c’est Juppé qui perd aux points. Car les réseaux sociaux, cruels, retiendront surtout qu’il est resté avec la bave aux lèvres une partie du débat…

5 Les meilleure punchlines du débat

On pourrait retenir de nombreuses piques de Fillon  : « Alain Juppé ne veut pas vraiment changer les choses » «Le modèle social français prend l'eau de partout»,  «Non, la France n'est pas une nation multiculturelle.»

On pourrait aussi se souvenir des étonnantes  confessions sur les manifs de 68 de l’un et de l’autre. Fillon qui fait grève à 14 ans parce qu’il était « plutôt du côté de ceux qui ne voulaient pas travailler ». Ou Juppé qui suit le mouvement : « Je n’étais pas très enthousiaste sur les barricades mais je me suis laissé emporter par une manifestation qui partait de Sciences po pour aller jusqu’au ministère de l’Education nationale » avant de se raviser et de manifester avec les gaullistes car « Il faut être présent partout ». Bon, ça fait pas très sérieux. Mais on s’amuse.

On rigolera plus quand on parlera de Poutine, l’un des rares moment où le maire de Bordeaux a réussi à en placer une qui fait mal : « Je suis quand même un petit peu surpris de voir que c'est la première fois dans un débat, je pense, dans une élection politique française que le chef d'État russe choisit son candidat. »

« J’y suis pour rien »  a répliqué Fillon d’un souffle. Mais on l’a à peine entendu.

6 Deux conceptions de la France

Fillon, là encore bien préparé, s’est plutôt bien sorti du piège du « récit national ». Il réitéré son accusation contre « Les programmes d’histoire rédigés par des idéologues ». Mais tout en racontant n’importe quoi sur l’éviction de Clovis et de Jeanne d’Arc « et même Voltaire et Rousseau » des manuels avant de bien préciser que c’étaient aux historiens et pas aux politiques de les rédiger.

En face, Juppé a déroulé son credo : « Pour moi l’identité de la France, c’est la diversité. » Avant d’ajouter : « et j’ai peut-être là une divergence avec François. Parce que nous ne sommes pas tous pareils : nous avons des origines différentes, des couleurs de peau différentes ». Bien joué. Si  ceux qu’il invoque l’écoutent… Mais ça ne suffira probablement pas à inverser la tendance.

7 Un vainqueur autoproclamé

En l'absence du bonapartiste, la droite légitimiste n'a fait qu'une bouchée de la droite orléaniste. Pour cet ultime débat, Alain Juppé a fait le service minimum sans vouloir casser la baraque et le parti qu’il a quand même crée… Fillon, s’est à peine penché pour rafler la mise et claironner à la fin qu’il avait « gagné la bataille idéologique » comme un boxeur qui lève le bras avant la décision de l’arbitre. Il ne prend pas beaucoup de risque car c’était un peu ça ce débat…  la droite a bien terrassé le centre. 

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