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7 indices qui montrent que Fillon peut gagner la primaire (sauf si…)

Décoder Par Eric Le Braz 17 novembre 2016

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Dès le premier débat, il impose une force tranquille.

Capture écran TF1
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Ce qui était très improbable pendant des mois est devenu possible depuis quelques jours...

Il peut séduire la  droite, comme Sarko, mais sans ses outrances. Il sait aussi parler au centre, comme Juppé, mais sans se compromettre avec l’honni Bayrou. Il fait moins fake que Le Maire, moins tête à claque que Copé, moins catho que Poisson et plus bourgeois que bobo face à NKM. On a oublié son apparente soumission quand il était à Matignon comme on lui pardonne ses attaques frontales contre son ancien patron.

De l'UK aux US, la tendance du moment, c’est de voter contre les médias, les experts et les instituts, bref tous ceux qui prédisaient un second tour Sarkozy-Juppé. Alors Fillon est devenu l’outsider qui explose. En attendant de se transformer en favori ?

1 Les sondages le lui prédisent enfin

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Parti comme c'est parti, ça va finir par se croiser...

Capture écran Atlantico

Et pas qu’un peu. Atlantico vient de publier la première enquête qui le place au même niveau que Nicolas Sarkozy, à 25 %. «  Une partie des électeurs, notamment de Juppé et de Le Maire, se disent qu’il existe une autre option pour éviter Nicolas Sarkozy comme candidat de la droite en 2017 », commente Bruno Jeanbart, le Directeur Général adjoint de l'institut de sondage Opinionway.

Mais peu importe le score dans un scrutin difficile à estimer, c’est la tendance qui prime. Et elle est en sa faveur. Il grimpe comme Chirac en 95 ou Le Pen en 2001. Sarko semble le plus menacé mais Juppé plonge plus vite. Et on ignore encore lequel de ses adversaires va finir comme Balladur ou Jospin...

2 Les électeurs aiment les vainqueurs

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Lui, il ose la pub comparative.

Facebook Fillon 2017

Et Fillon a une tête de vainqueur, non ? C’est un phénomène qu’on a pu déjà observer dans les primaires de la gauche : c’est parce que Ségo semblait avoir toutes ses chances contre Sarko, qu’elle a terrassé les éléphants. A droite, où l’on aime les gagneurs, le phénomène pourrait bien être encore plus accentué.

Cette prime à la baraka lui assurerait un second tour finger in the nose : 54-46 contre Juppé et 63-37 contre Sarko ! Enfin, s’il ne rate pas le débat. Mais justement, c’est son point fort.

3 Il a survolé les débats

« On n’est pas des commentateurs ! »

Dans le premier débat Fillon a taclé Sarko sans se démonter. Dans le deuxième il a joué au candidat qui a la carrure pour le job mais sans rouler les mécaniques face à celui qui le traitait autrefois de collaborateur. Dans le troisième, il a joué sans en rajouter, le type qui disait la vérité et ses adversaires n'ont pas osé l'agresser. Mais lui a mordu les journalistes, ce qui plait toujours quand on le fait avec classe et posture face au good cop, bad cop Pujadas et Elkabbach qui "voulaient une baston". Bref, il faisait présidentiable à donf. L’honnêteté en plus.

4 Il a un genre Trump sur le fond

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« Le peuple a envie d’envoyer balader tout un système qui refuse de se remettre en cause. Il y a une demande d’efficacité et d’honnêteté » a-t-il dit au JDD. Alors que tout le monde souligne le coté extrême et outrancier de Trump, Fillon, lui, voit surtout cette victoire de Donald comme le rejet d’Hillary, son adversaire malhonnête. Suivez son regard…

Il ne croit pas que la surprise trumpienne soit une bonne nouvelle pour le FN : « Il est l’élu du parti républicain qui n’a rien d’extrême droite. J’ajoute que  c’est l’un des symboles du capitalisme américain que le FN abhorre. » Il partage aussi avec Donald, outre le statut d’outsider, une poutinophilie qui n’a nullement desservi le milliardaire pendant l’élection. Manquerait plus que Wikileaks fasse aussi campagne pour FF !

5 Il a un genre Pompidou sur la forme

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Délirius

Et pas seulement côté sourcils. Fillon, c’est la vieille droite de province qui fleure bon le XXe siècle, une époque où les Le Pen ne faisaient que mordiller. La droite tradi qui défile à la manif pour tous et va à la messe peut encore se reconnaître dans son casual chic, sa famille nombreuse et son gaullisme revendiqué. Et puis comme le dernier président gaulliste, il adore les bagnoles. Mais pas que.

6 Il est plus moderne que NKM

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 « C’est très garçon mais c’est pas très mature ces jeux là. », commente Karine Le Marchand. Si, si Karine, ce n'est pas qu'un joujou. 

Sa campagne numérique était aussi impec que ses chemises. D'abord, avec des punchlines de newsletter bien accrocheuses : « On va le FAIRE ! », « Agir au lieu de parler », « C’est quand même bizarre… », « Je continue d’accélérer ! ». Sur Facebook itou, Fillon occupait le terrain bien plus efficacement que Juppé  ou Sarko. 

Mais les Français ont aussi découvert dans l’émission Ambition intime qu’il était techno addict et savait aussi bien piloter un drone qu’un bolide sur les circuits. Il a aussi avoué une passion pour les ordinateurs : une appétence pour le numérique qui lui vaut la reconnaissance des geeks. Face à Karine Le Marchand  qui animait le pendant glam’ des débats de cette primaire, il est apparu bien plus à l’aise que Juppé et bien moins impudique que Sarkozy. 

On a aussi compris qu’il n’était pas un obsessionnel convulsif de la politique. Il a une vie  : c’est un bon photographe, un alpiniste courageux. Ce qui ne l’a pas empêché de raconter aussi qu’il était un ado rebelle et qu’on pouvait réussir dans la vie sans cartonner à l’école… Utile pour intensifier l’identification.

7 Personne n’a vraiment lu son programme

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Pour Fillon, l'Assemblée Nationale, "c'est le cirque". D'ailleurs, il fera passer son programme par ordonnance 

Wikimédia

Comme on ne le prenait pas au sérieux, aucun adversaire n’a attaqué Fillon sur ce terrain. Et pourtant ! Il n'y a qu'à consulter la compile réalisée par le Monde...

Il veut simplifier les licenciements économiques avec des modalités de rupture prédéfinies et de nouveaux motifs de charrettes (réorganisation de l’entreprise). Il supprime le monopole des organisations syndicales. Il relève les seuils sociaux de 10 à 50 et de 50 à 100. Il réduit le Code du travail à 150 pages au lieu de 3400 (et renvoie le reste à la négo ou au référendum d’entreprise). Il supprime les 35 heures. Il supprime un jour férié (lequel ? le 1er mai ?). Il plafonne les allocations chômage et les rend dégressives. Il supprime les régimes spéciaux des retraites. Il recule l’âge légal à 65 ans. Il supprime 500.000 postes de fonctionnaires. Il réforme le mécanisme de revalorisation du smic. Il passe « à la paille de fer » les avantages « injustifiés » de la fonction publique. Il supprime l’ISF…

On arrête là ? C’est une véritable purge pour reprendre l’expression d’Alain Madelin. Et tout ça passera par ordonnances. Il est bien le plus libéral de tous les candidats ce qui ne peut séduire qu’une frange minoritaire de l’électorat, droite comprise. François Fillon réussit le tour de force de devenir populaire avec un programme qui ne l’est pas, mais alors pas du tout. Mais comme on ne s’en est pas encore vraiment aperçu, il a toutes ses chances... 

8 7 + Fillon peut encore perdre si…

1)   Dans la dernière ligne droite, on peut lui reprocher son passé à Matignon comme le futur ultra-libéral qu’il nous promet. On peut l’attaquer sur sa lâcheté présumée ou son alignement sur Poutine… Et il peut toujours craquer. 

1)   Sarko se réveille. Il ne faut pas sous estimer l'aptitude de l'ancien président à mobiliser. Il tient l’appareil, les militants et les permanents. Le jour du vote, la capacité à remplir des minibus pour aller faire voter les mémés isolées n’est ni du coté de Fillon, ni de celui de Juppé…

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