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7 injonctions de nos enfances qui nous poursuivent jusqu'au bureau

Décoder Par Hervé Resse 29 septembre 2016

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Voilà 7 phrases que nos parents, nos maîtres, nos éducateurs, nous ont serinées en boucle. "Pour notre bien". Pour "faire de nous des adultes". Et effectivement, elles s'inscrivent dans nos inconscients, et influencent nos comportements. Pour le meilleur (parfois). Pour le pire (trop souvent)...

L’Analyse Transactionnelle, à travers son créateur l’américain Eric Berne, puis le suisse Taibi Kahler, ont postulé l’existence de 5 messages contraignants, qu’ils appellent aussi «  drivers ». Dérivé de l'anglais « drive », conduire.

Les drivers sont des ordres, des injonctions intérieures que nous élaborons, et reprenons à notre compte, de façon le plus souvent inconsciente, à partir des messages que nous a dès l’enfance transmis, et même inculqué, notre environnement (famille, professeurs, éducateurs).  Une fois devenus adultes, et sans le savoir, nous les traduisons en principes et styles de comportements, qui nous guident dans la vie, et particulièrement sur le terrain où nous sommes devenus "professionnels de nos professions". 

A la suite d'Eric Berne, d'autres auteurs ont suggéré d'autres drivers, d'autres injonctions. Vous nous connaissez un peu? On en a retenus 7... On ne se refait pas.

Comprenons bien l'idée : il est bien sûr positif de vouloir s'améliorer. Devenir meilleur, plus fort, gentil... Travailler "vite et bien", être autonome... Tout cela est bel et bon. C'est quand ces messages deviennent contraignants qu'ils posent problème: car ils nous enchaînent alors, et nous emprisonnent dans des comportements excessifs. Donc inadaptés. Loin de servir nos objectifs initiaux, ces drivers "fous" les parasitent et peuvent les saboter. Et tout cela vient de nous, et nous seul! Moralité de l'histoire: on est souvent son pire ennemi. 

Heureusement, identifier "son" (ou ses) driver(s) favori(s), c'est déjà apprendre à - un peu mieux - le(s) maîtriser... 

1 " Fais plaisir"!

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Mais Robin a-t-il seulement atteint la majorité sexuelle?

Ce premier driver est en droite ligne hérité des "sois gentil avec maman", « on dit bonjour », « fais un bisous à la dame ». Ou dans un registre plus culpabilisant, « tu me fais de la peine quand tu es comme ça ».          

Ce type de messages à répétition contribue à bâtir un enfant "poli", qui deviendra certes un adulte agréable, urbain, empathique. Mais qui, au fond de lui-même, aura sans cesse peur de ne pas satisfaire autrui, de décevoir. Du coup, il fera partie de ces gens qui n’osent jamais dire « non », et qui se sentent rarement payés de retour, pour leur « bonté », leur attention aux autres,  leur abnégation.

En développant son assertivité, cet éternel insatisfait devant la rudesse de ce monde apprendrait qu'il est possible de dire « non » sans blesser. Et qu’il a droit à sa part d’autonomie. Il peut même apprendre à devenir (parfois) désagréable. C'est si bon!...

2 "Sois parfait"!

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Je sais pas d'où je viens, mais j'ai bien envie d'y retourner!

Oh, ils ne vous le disaient pas comme cela, mais souvenez-vous des messages, au retour de l’école : « 16 sur 20? Tu aurais pu faire mieux »... « C’est pas mal mais j’attendais mieux de toi ». Mieux… Mieux… Mieux…

L'enfant qui aura sans cesse entendu ces messages et les aura intégrés malgré lui dans son logiciel, aura deux solutions. Se convaincre « qu’il n’y arrivera jamais » ; ou tenter de devenir « parfait ». 

Dans les deux cas, l’estime de soi sera probablement mise à mal, car la perfection n’étant pas de ce monde, l’adulte deviendra un éternel insatisfait (de lui). Il redoutera souvent le jugement de ses pairs, et plus encore, de ses patrons.

En réalité, ceux-ci en sont souvent satisfaits. C’est un bon travailleur, exigeant, produisant des résultats. Mais ils ont repéré en lui l'angoissé, qui n’atteint jamais cette damnée perfection. Et qui du coup, est souvent moins exigeant, question  rémunérations….

3 "Dépêche-toi"!... "Fais vite"!

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Le pire détective que la terre ait porté. Agis d'abord, pense ensuite!

" Tu n'as pas encore fini ? » « Qu’est-ce que tu peux être lent ! »...

Invitera plus tard celui qui l’a subi à répondre toujours à cette injonction intérieure : « Dépêche-toi ! » « Plus Vite ! »

Il y a des situations où ce driver peut s’avérer bénéfique. Surtout dans un monde où on ne songe qu’à raccourcir les délais (et les coûts !). Et où on passe tellement de temps en réunions pour élaborer ce qu’il faut faire… qu’on n’a quasiment plus le temps de faire ce qu’on a décidé...

Ceci dit, l’obsession de la vitesse pousse ce type de sujet à l’agitation et à l’impatience. A vouloir aller trop vite, il sabre parfois la qualité, prend en charge plus de travail qu’il n’en peut assumer. Il se lasse assez rapidement des choses. A force d'aller vite, il bâcle, il faut repasser derrière lui rectifier les bourdes et les oublis. 

Vous avez dit "boulet"?

4 "Sois Fort"!

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Rambo, beau, beau et con à la fois...

Ce vieux Johnny nous l'a assez répété: " Ca ne pleure pas, un homme ! » 

« Tu as peur ? » « Un peu de courage, voyons!"... "poule mouillée »… 

Attention, ce driver est aussi disponible en modèle pour dames: "c'est deux fois plus dur pour une femme, donc je vais me transformer en tueuse!" Sors de ce corps, WonderWoman!

Devenu grand.e, voyez comme ces messages se traduisent en « Sois efficace! » « Performe! » « Sois fort! ». Règle numéro 1, surtout éviter de montrer ses émotions.  Penser qu’il faut avancer quoi qu’il en coûte, que toute autre façon de faire constituerait un aveu de faiblesse. Ce genre de sujet a tendance à devenir rigide, intolérant, voire méprisant envers ceux qu’il considère comme des faibles.

Il-ou-elle a pour les employeurs quelques qualités : résiste d’autant plus à la pression qu’il l’affectionne ; en fait d’ailleurs volontiers profiter ses camarades de bureaux. Mais on peut compter sur lui dans les situations de crises. Il aime à se définir « comme un bon petit soldat ». Apprend généralement trop tard cette bonne vieille maxime, soulignant que "les cimetières sont remplis de gens irremplaçables". 

Sors de ce corps aussi, John Rambo!

5 "Débrouille-toi"!

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Dans le Samouraï, il se débrouille mais ça sent l'embrouille...

Celui-là est assez voisin du précédent. Mais il relève le goût, en ajoute une difficulté supplémentaire : il ne suffit pas d’être fort, il faut aussi ne compter QUE que sur ses propres forces. Pour avoir très tôt entendu « tu es grand, débrouille-toi », « Je ne serai pas toujours derrière ton dos », il retient vite que la vie est un jungle, où chacun joue son rôle, qui consiste à vouloir la peau du voisin. L'autonomie c'est bien, mais comme le dit l'anthropologue Tzvetan Todorv, seul, nous n'existons pas.

Comme il voyage souvent en solitaire, souvenons-nous de Delon dans le Samouraï de Melville, faut-il en déduire que du coup, ce driver ne prédispose guère au travail en équipe? Pas sûr ! Dans le genre chef de bande, il peut très bien entraîner les autres derrière lui, et devenir charismatique.

A condition tout de même de ne pas basculer du « côté obscur », auquel cas il pourrait devenir ce qu'on appelle pudiquement, désormais, dans le monde de la Prévention des Risques Psycho Sociaux, « une personnalité dangereuse » 

Comprenez : paranoïaque.

6 "Fais des efforts"!

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Heureux d'accord, mais vivement le week-end!

« Qu’est-ce que tu fais ? « Tu n'as plus de maths à réviser ? »

« Fais des efforts ! » est le driver hérité de « donne-toi du mal », « la vie se chargera de t’éduquer ». 

Ou mon préféré: « il n’y a que dans le dictionnaire que réussite vient avant travail ».

Bref, devenu adulte, ce sujet a compris que pour réussir il va falloir « en baver ». D'où sa tendance à aborder toute tâche en mode Golgotha. Avec pour corser l'affaire, une belle tendance à compliquer les choses simples. A imaginer des difficultés là où il n'y a que de simples serrures à ouvrir. Il pense souvent que les autres sont paresseux ou peu compétents, mais il craint fortement les critiques pour lui-même. 

En revanche, il a comme tous les autres ses qualités : il est patient et persévérant, pugnace. Il donne le meilleur de lui-même, il est aussi prêt à aider les autres (d’autant qu’il a beaucoup plus confiance en ses propres solutions). Son héros secret, c'est Sisyphe et son rocher. "Il faut imaginer Sisyphe heureux", rappelait Albert Camus.

Vous avez dit "maso"?

7 "Réfléchis un peu!"

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Aujourd'hui, peut-être...

« Prudence est mère de sureté ! » « Fais bien attention »... Autant de bons conseils, mais qui à la longue risquent de devenir inhibiteurs. S'il faut évidemment réfléchir, bien assurer ses arrières avant d'entreprendre un travail, entre « réfléchis » et  « tergiverse » et « hésite », il n'y a pas la ligne droite de Longchamp! D'autant que finalement, de "hésite à "ne fais rien", il n’y a plus qu’un pas, vite franchi, et qui s'appelle clairement procrastination. Remettre au lendemain ce qu’on pouvait faire avant-hier, sous prétexte d’une ultime réflexion préalable, salutaire….

N'y aurait-il pas, là derrière, quelques pensées obscures du style "Avec un peu de chance, quelqu’un réglera le problème pour moi"? On verra bien! Ne soyons pas médisant: dans ses bons jours,  l'hésitant peut se révéler on stratège. Encore faut-il qu'il se décide à envisager de penser à se lancer. Demain, peut-être?

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