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7 nouvelles conséquences (flippantes) du réchauffement climatique

Anticiper Par Camille Legrande 06 mars 2017

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Détail de la faille de Larsen C prise en Novembre 2016 depuis un DC8 de la Nasa. Depuis, le canyon ne cesse de progresser vers l'océan...

NASA photographs by John Sonntag / William Croyle, California Department of Water Resources
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L’Antartique qui se disloque, l’Artique qui se dilue, les banlieues qui s’enflamment, les mammifères qui s’évaporent… Quelques nouvelles du futur.  

On n’a pas fini d’écoper. Chaque jour, ou presque, d’inquiétantes infos ou de nouvelles études nous annoncent un futur pas très désirable. A part si on est un Groenlandais frileux ou un viticulteur britannique, le réchauffement climatique est une catastrophe annoncée. 

Depuis les COP, on peut certes espérer les ralentir. Mais il faudra surtout s’acclimater… 

La bonne nouvelle, c’est qu’on est prévenu. La mauvaise, c’est que Pierre Dac a souvent raison : « Si un imbécile ne peut jamais rien faire d'intelligent, un homme intelligent peut parfois se comporter comme un imbécile ». 

1 Les banlieues sont en première ligne

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L'incendie de 2007 à Santa Clarita, dans la banlieue de Los Angeles.

Jeff Turner / Flicr

En règle générale, on a plus à craindre du réchauffement quand on habite en périphérie plutôt qu’au centre des villes.

Une équipe de biologistes et d’experts en réchauffement ont mouliné un big data recensant 23 millions d’incendies survenus depuis le début du siècle aux Etats-Unis et en Australie (dont 478  événements extrêmes »). La conclusion des experts, c’est qu’un tiers de ces incendies dévastateurs a atteint les banlieues. C’est la conséquence logique de l’étalement urbain, dans l’ouest des Etats-Unis par exemple. Un phénomène spatial confronté à une évolution climatique d’hivers plus courts et de longues sécheresses, propices aux incendies.

Et ça ne va pas s’arranger pour les experts qui prévoient de 20 à 50 % d'augmentation de ces incendies de banlieues et pas seulement en Amérique ou en Australie. L’Europe méditerranéenne est aussi dans le viseur…

2 Les vieilles infrastructures ne tiennent plus le choc

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Le barrage d'Oroville en furie le 10 février 2017. L'eau a creusé le sol à droite du déversoir destiné à évacuer les crues vers l'aval.

William Croyle, California Department of Water Resources/ Wikimedia

Tandis que la sécheresse frappe les banlieues de Californie, la pluie ne les arrange pas non plus…. En février 2017, on a longtemps craint que le barrage d’Oroville dans le Nord de la Californie s’effondre. Une vague de pluie et de tempête a provoqué  des dégâts importants au déversoir de la structure. Une inondation terrifiante (avec une vague d’une dizaine de mètres de haut en cas de rupture brutale) était possible et plus de 180 000 personnes ont été évacuées.

Finalement le barrage a tenu. Mais le cratère impressionnant apparu sur un déversoir est assez inquiétant (surtout que la neige n’a pas encore commencé à fondre). Mais ce que souligne cette crise, c’est surtout que « des événements climatiques extrêmes et des infrastructures vieillissantes constituent un mélange explosif » comme le souligne un article de l’Agence Science presse.

« Après plus d’une décennie de sécheresses, la Californie a reçu ces derniers mois une telle quantité de pluie et de neige que ses cours d’eau débordent, poursuit cet excellent site québécois de vulgarisation scientifique. Des installations comme le barrage du lac Oroville sont certes conçues pour faire face à des événements exceptionnels... à condition d’être bien entretenues. » Or, ce n’était pas vraiment le cas à Oroville. Comme ce n’est pas non plus le cas dans le reste des Etats-Unis où l’entretien des barrages en général mérite à peine la note de passage (un « D »).

Ailleurs, c’est pas mieux. Le réchauffement climatique affecte la sécurité de tous les barrages dans le monde même les plus récents comme celui des Trois-Gorges en Chine.

Et en France ? EDF se veut rassurante, comme d’hab ‘. Mais le député LR spécialiste de ces questions Christian Kert n’est pas très convaincu :   "On assiste effectivement à une montée en nombre et en intensité des phénomènes naturels. Cela pose des problèmes d'actualisation des canalisations". Mais rien de tout cela n'a été anticipé par EDF, affirme le député…

3 Le Luxembourg va se détacher de l’Antarctique

C’est une fissure qui fait déjà 175 km de long. Dans 30 km, elle atteindra l’océan antarctique. Et là, plouf, c’est un iceberg de la taille du Luxembourg qui va glisser dans la mer.

Cette banquise détachable baptisée Larsen C est suivie depuis des décennies par les glaciologues. En 1995, la calotte glaciaire Larsen A s’était déjà fait la malle suivie de Larsen B en 2002.

Larsen C flotte déjà, donc la glace ne provoquera pas directement de montée des eaux quand il se détachera. En revanche, il va provoquer des réactions en chaine en amont. Et il y a de quoi baliser un peu car à l’époque de Larsen B, les glaciers du coin avaient fondu huit fois plus rapidement que d’habitude…

On espère quand même que Thomas Pesquet prendra des photos

4 L’Artique perd sa glace par en dessous

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Wikimedia

Tandis que l’Antarctique se disloque au Sud, l’Arctique perd ses glaces au Nord. Et ça s’accélère. La perte serait de 72 % en volume depuis 1980 !

C’est énorme mais ça s’explique. Car quand on regarde une image satellite de l’Arctique, on ne voit que la couverture visible de la glace. Elle se réduit mais ce n’est pas encore spectaculaire.

Or l’essentiel, c’est de savoir ce qui se passe sous la surface. Selon l'estimation du National Snow and Ice Data Center, on comptait 32 000 km3 de glace en avril 1980 contre 22 500 km3 en avril 2016. A ce rythme-là, on aura même plus besoin d’emprunter le passage du Nord Ouest pour naviguer d’un continent à l’autre…

5 Les tempêtes seront plus violentes

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La Floride confrontée à la montée des eaux par en bas et aux tempêtes par en haut.

Pixabay

Davantage de chaleur dans l’atmosphère, c’est davantage de mouvement. Et donc, probablement et potentiellement,  davantage de tempêtes (surtout dans l’hémisphère Sud)… C’est la conclusion à laquelle a abouti une équipe de chercheurs de l’université de Houston qui ont étudié 35 années de données satellites sur les courants atmosphériques. 

6 La moitié des mammifères peut disparaître

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Un ours blanc, c'est plus voyant après le réchauffement.

Pixabay

Nous les primates - mais les éléphants ne sont pas mieux lotis -, on a un problème dans la vie, c’est qu’on ne se reproduit pas assez rapidement. Alors que les changements climatiques sont de plus en plus rapides, on ne s’adapte pas assez vite. C’est ce qu’on apprend dans une nouvelle étude publiée par Nature. Le changement climatique peut limiter les ressources en eau mais aussi bouleverser l’habitat, déclencher de nouvelles maladies, détruire des ressources naturelles…

Et le résultat est pire que prévu :  "Nous estimons que 47 % des 873 espèces de mammifères terrestres non volants menacées subissent déjà les conséquences négatives du réchauffement climatique" indique l’étude. Pour les oiseaux, cette proportion est de 23,4 %, ce qui correspond à 298 espèces.

Or ce taux contredit d’autres estimations plus « optimistes » (tout est relatif)  de l’UICN qui considère que 25% des mammifères sont menacés d’extinction au niveau mondial (et 42% des amphibiens, 13% des oiseaux).

Nous ne sommes pas tous égaux face au réchauffement. Du koala au manchot empereur, certaines espèces sont réellement en très grand danger.  Les chercheurs ont remarqué que beaucoup d’oiseaux menacés vivaient en milieu aquatique, un environnement très vulnérable aux hausses de températures.

Les rongeurs sont plus sécures car ils peuvent se réfugier sous la surface du sol pour se protéger des conditions climatiques extrêmes.

Quant aux hommes… Ces mammifères là ne sont pas étudiés dans cette enquete. Mais d’autres  études ont déjà prévu 500.000 morts supplémentaires par an autour de 2050 en raison des changements d’alimentation et des pénuries alimentaires. On parle aussi de 100 millions de victimes d’ici la fin de siècle. Il existe d’ailleurs un compteur de morts assez flippant… si on reste plus d’une minute à le regarder.

7 Le ski c’est bientôt fini

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Sinon, il y a des alternatives.

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A coté de toutes les catastrophes prévisibles annoncées dans cet article, la disparition du ski peut paraitre anecdotique. Sauf si on est moniteur ESF ou Suisse. Ce sont d’ailleurs des chercheurs helvètes de  l'institut de recherche sur la neige et les avalanches (SLF) et de l'école polytechnique de Lausanne, qui ont mené l’enquête en moulinant différents scénarios de réduction ou non des gaz à effet de serre.

Mais quel que soient les hypothèses, on peut déjà commencer à fermer les stations alpines à 1000 m. Quant à celles situées à 1500 m comme Davos, elles vont perdre 100 jours de neige. Et la neige qui restera ne sera pas olympique. Bref, si on dépasse deux degrés de réchauffement : "une quantité de neige suffisante pour les sports d'hiver ne pourrait être garantie qu'au-dessus de 2.500 mètres d'ici à la fin du siècle".

Bon, il reste la neige artificielle. Mais il faut de l’eau et des basses températures… Sinon, ça s’évapore parce qu’il fera15 degrés en janvier à Zermatt, hein ! 

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