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Laurent Bouvet autopsie la gauche zombie

Décoder Par Eric Le Braz 03 avril 2017

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Toute ressemblance avec des personnages existants...

Walking Dead / AMC
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Le politologue a pronostiqué dès 2012 l’émergence des frondeurs, théorisé les deux gauches irréconciliables et anticipé l’éclatement du PS. Aujourd’hui, il explique comment Marine Le Pen pourrait accéder au pouvoir…

Politologue, fondateur du Printemps républicain, ex plume de Hollande, ami de Macron, inspirateur de Valls…. Laurent Bouvet est aussi un fan de Walking Dead. Et il peste sur Facebook quand un débat  l’empêche de dévorer sa série préférée. Les admirateurs de Rick, les amoureux de Michone ou de Jésus et les aficionados de Darryl, savent combien cette série illustre efficacement les luttes politiques pour le pouvoir. Mais Laurent Bouvet y voit aussi une belle métaphore de la gauche française : « La gauche tombe en morceau, un peu comme un corps de zombie : plus il avance, plus il se décompose ».

Ce constat cinglant et cruel a donné le titre à un recueil de textes publié chez Lemieux Editeur. La gauche zombie raconte une sorte de suicide collectif mis en musique pendant cinq années de Hollandie.

Le livre s’ouvre sur un texte inédit et surprenant. Il s’agit d’un discours que Bouvet a écrit pour le candidat Hollande à sa demande. Le futur président tentait alors de récupérer les idées de « La gauche populaire», un think tank qui regroupait le politologue et quelques futurs frondeurs comme Laurent Baumel et François Kalfon.

« Une fois envoyé le texte, je n’ai plus jamais eu de nouvelles. Je n’ai pas été surpris. J’avais déjà écrit des discours pour Hollande  quand il était premier secrétaire du PS…. Puis Aquilino Morelle et Gilles Finchelstein ont écrit le discours du Bourget en reprenant des éléments sans me le dire ».

Ce n’est certes pas un copié collé, mais la trame, le fonds et quelques éléments de langage s’y retrouvent. Il y a aussi dans le texte de Bouvet une utilisation prémonitoire des anaphores et un passage rétrospectivement savoureux où il appelle la France « à se mettre en marche ! ».

Après ce texte, La gauche zombie aligne chroniques et interviews publiées pendant cinq ans dans les journaux ou sur le web. Même sans être en accord avec les convictions souvent très tranchées de Laurent Bouvet, force est de constater la justesse souvent prémonitoire de ces analyses.

Dans quelques textes d’une rare lucidité, il pronostique dès les premières semaines de Hollande à l’Elysée, l’émergence des frondeurs, théorise les deux gauches irréconciliables puis anticipe l’éclatement du PS. Alors aujourd’hui quand il explique comment Marine Le Pen pourrait accéder au pouvoir, on a envie de l’écouter…

1 « Hollande s’est zapatérisé »

7x7. -Dans la gauche Zombie, dès le 19 mai 2012, vous écrivez que Hollande « houspillé par son aile gauche » n’a pas d’autres ressources que de proposer des réformes sociétales…

Laurent Bouvet. - C’est que j’appelle le zapatérisme, une évolution qui s’est passée avec Zapatero en Espagne il y a quelques années. Hollande s’est zapatérisé dès juin 2012 quand il va voir Angela Merkel. Il ne remet pas alors en cause le traité budgétaire – ou alors à la marge mais ça ne change rien - or, il avait dit qu’il le renégocierait. A partir de ce moment-là, il est pris dans l’exigence budgétaire européenne. Et dans ce carcan, il n’a quasiment pas de grain à moudre.

Il prend alors deux décisions. Une première est de mettre le peu de grain à moudre qu’il possède dans le CICE… sans dire qu’il pratique en réalité des baisses de charges. Donc il monte une énorme machine, une usine à gaz pas possible pour améliorer la compétitivité. Tout le monde s’y perd. Il parie sur une politique de l’offre mais sans le dire. Il faudra attendre 2014 pour qu’il l’avoue.

La deuxième décision intervient à la rentrée 2012. Comme il cache sa politique budgétaire et que les gens commencent à s’en apercevoir, il lance la grande bataille du mariage pour tous. Et le débat va durer des mois afin de tenir son camp soudé sur des valeurs de société. Alors que sur l’économie, il a tout lâché et que Florange commence…

C’est ça le zapatérisme. Comme on ne peut plus rien faire sur l’économique et le social et qu’on choisit plutôt le social libéralisme, on masque son impuissance en se repliant sur le symbolique, les droits, les réformes sociétales.

- Ça reste du progressisme... et ces réformes ne seraient-elle pas de gauche ?

- Oui mais le problème que ça pose, c’est que la gauche, depuis des années, traite d’abord les droits des minorités qu’elle considère persécutées, discriminées, stigmatisées… D’où le mariage pour tous pour les homosexuels puis les ABCD de l’égalité pour les femmes…

Fin 2012, début 2013, toute une phase menée par Christiane Taubira et Najet Vallaud-Belkacem, est entièrement occupée par ces questions avec beaucoup de rhétorique et de symbolique. C’est le mouvement du progrès contre la réaction, du bien contre le mal…

La catastrophe ce n’est pas de faire le mariage pour tous, c’était dans le programme et on aurait pu l’adopter dès l’été 2012 sans trop de problèmes. La société était prête. Mais ce débat interminable qui a duré six mois n’a pas unifié la gauche et a surtout suscité la renaissance d’une droite des valeurs, prête à se mobiliser et à combattre pied à pied pour défendre ses convictions. Et ça, c’est un terrible effet boomerang pour Hollande. Il restructure la droite qui avait pourtant subi une grosse défaite avec Sarkozy et lui permet de repartir au combat.

- Vous considérez que Hollande a fait trainer sciemment l’adoption de cette loi ?

- Oui car sinon, le roi est nu. Il n’y avait que le CICE à montrer… et 27 milliards pour les entreprises.

- Dans La gauche zombie, vous écrivez que chaque passage au pouvoir de la gauche donne lieu à une mesure sociale forte : la cinquième semaine de congés payés, les lois Auroux, la retraite à 60 ans avec Mitterrand puis le RMI sous Mitterrand 2. Jospin, c’est les 35 heures, les emplois jeunes. Mais Hollande… rien ! ?  Il y a quand même la loi sur la formation tout au long de sa vie…

- Ce n’est pas une grande mesure sociale. Pour le quatrième passage de la gauche au pouvoir, il n’y a pas de grande loi symbolique. Normalement, il devait y avoir la réforme fiscale. Hollande avait promis la fusion impôt sur le revenu et CSG. Ça redessinait toute la fiscalité et baissait l’impôt pour toute une partie des classes moyennes et populaires. Mais la réforme a été enterrée. Et d’ailleurs, c’est maintenant dans le projet… de Mélenchon.

2 « Mélenchon a aussi un plafond de verre »

7x7. - Pourquoi Mélenchon s’est-il subitement effondré en 2012. Se heurte-t-il comme Marine Le Pen à un plafond de verre ? 

Laurent Bouvet. - En 2012, il fait une énorme erreur stratégique à une semaine du premier tour. Il introduit dans son meeting de Marseille, quelque chose de très personnel qui lui tient beaucoup à cœur en affirmant que la Méditerranée n’est pas une frontière et que nous sommes tous méditerranéens. Ce n’était pas prévu dans son discours initial.

Alors qu’il était à 15 % à une semaine du premier tour à égalité avec Marine Le Pen. Il finit grosso modo à 11 contre 18, soit sept points derrière. Il y a donc deux possibilités.

Soit les sondages se sont complètement plantés. Or je les ai tous vérifiés et ils donnent unanimement Le Pen et Mélenchon à 14/15. Et il finit avec sept points dans la vue, ce qui est énorme ! Mon hypothèse, c’est qu’il y a eu certes un vote utile pour Hollande, difficile à évaluer, mais pas sur sept points, deux maximum. En revanche, son discours a découragé une partie de son électorat. Ils se sont dit « Ce type est mondialiste et immigrationniste ».

- Et en 2017 ?

- Cette année, il a parfaitement compris ça. Il brandit le drapeau français et entonne la Marseillaise. Sur l’immigration, il a un discours extrêmement sophistiqué qui fait peur à beaucoup de gens autour de lui. Par exemple, en 2012, il était pour la régularisation des sans papiers. Cette année, il l’est toujours, mais parce que ça va permettre ensuite de pouvoir les renvoyer sur une base juridique. Dans son camp, certains ont peur d’une dérive nationaliste. Mais ça lui permet de compter face à un Hamon qui apparaît comme un multiculturaliste. 

- Peut-il alors créer la surprise ?

- Mélenchon peut aller jusqu’à 15 ou un peu dessus. Mais ça reste son plafond de verre car les catégories populaires qu’il aurait pu convaincre sont déjà parties chez Le Pen ou sont abstentionnistes ; et ça sera très dur de les faire revenir. Son message personnel est clair mais son image est brouillée par un entourage beaucoup moins républicain et laïc que lui (comme Clémentine Autain par exemple). Il y autour de lui une gauche mouvementiste accommodante avec les islamistes et qui ne veut pas du pouvoir. Si Mélenchon s’en rapproche trop, ils pourraient le sanctionner en votant Artaud…

3 La grande illusion de Hollande

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"Les gens disent que je dis les mêmes choses que Valls. Ça ne m’est jamais arrivé. Mais Valls dit souvent la même chose que ce que je racontais."

© Margot L’Hermite

7x7. - Dès août 2012, vous écrivez une tribune dans le Monde où vous théorisez les deux gauches irréconciliables, concept repris plus tard par Valls. Qui a inspiré l’autre ?

Laurent Bouvet. - Valls l’a lu. Quand il était à l’intérieur, je suis allé le voir 6 ou 7 fois à sa demande. Contrairement à ce qu’on pense, c’est quelqu’un qui est très attentif à ce qu’on lui  dit.

Je ne suis pas le seul. Il prend certes plusieurs conseils. Je ne me donne pas un rôle plus important qu’il ne l’est. Mais il a toujours dit que ce que je racontais l’intéressait. D’où mon étiquette vallsiste qu’on me colle depuis des années. Les gens disent que je dis les mêmes choses que Valls. Ça ne m’est jamais arrivé. Mais Valls dit souvent la même chose que ce que je racontais.

- Un peu après l’arrivée de Valls à Matignon, vous posez la question en juin 2014, « Faut-il tuer le PS pour sauver la gauche ? ». Vous écrivez un long article pour finir par conclure : « c’est souhaitable »… Mais comment en est-on arrivé là ? 

- Après la défaite de 2002, j’ai écrit un bouquin en 2003 avec Laurent Baumel,  L’année zéro de la gauche, où j’explique que le PS doit clarifier ses enjeux doctrinaux. Arrive 2005, le traité constitutionnel européen, et Hollande, comme à son habitude, endosse le rôle de l’étrangleur ottoman. On ne sent pas qu’on meurt. Mais on meurt. Il étouffe toute division entre le oui et le non en disant que ce n’est pas si grave. Tout a été mis sous le tapis : l’Europe, les divergences sur les signes religieux... mais ce sont des divisions fondamentales. Hollande étant le grand balayeur en chef.

Puis il est élu sur un coup de dés incroyable car Strauss Kahn sort de la route et que les Français ne veulent plus de Sarkozy. Et Hollande va penser, et on le voit bien dans le bouquin de Davet-Lhomme, qu’il a vraiment réussi à garder l’unité de la gauche.

Ce qui est une totale illusion. Or l’illusion va se révéler, avec Leonarda, Cahuzac et les chocs extérieurs comme les attentats.

Hollande se retrouvant dépourvu, va se retourner vers Valls en 2014. Il n’y a alors plus d’illusion. Et Valls, lui, a totalement objectivisé le clivage. Il arrive avec le soutien de Hamon et Montebourg avec l’idée de les annihiler ou de les dégager. Et la division est inéluctable dès lors que Hollande opte pour la politique de l’offre. Il n’y a donc plus  d’illusion possible et ça va aller de mal en pis. 

4 « Marine le Pen peut gagner une élection présidentielle »

7x7. - Vous expliquez qu’on ne peut pas être président sans le soutien des catégories populaires. En 2007, c’est Sarko qui les a séduites. En 2012, c’est Hollande. Et en 2017, qui leur parle à part Marine Le Pen ?

Laurent Bouvet. – Marine Le Pen justement. Les classes populaires, ce sont les ouvriers et les employés. Or cette catégorie, c’est non seulement la majorité de la population active mais aussi de l’électorat. Car il y a aussi des retraités et des jeunes qui en font partie. Et le total représente quasiment 60 % de l’électorat.

Quand on regarde la ventilation dans les sondages, chez les ouvriers, le premier parti c’est l’absention puis c’est Le Pen avec quasiment 45 % d’intentions de vote. Ce qui est considérable. Chez les employés, c’est plus partagé mais elle arrive quand même en tête. Donc la candidate des catégories populaires en 2017, c’est Marine Le Pen, ce qu’elle n’était pas, à ce point-là, en 2012. Elle est passée de presque un tiers à quasiment la moitié chez les ouvriers.

Après Marine Le Pen, ce fut longtemps le candidat socialiste en deuxième position dans les sondages. Mais depuis qu’on sait que c’est Hamon, ça a chuté. Le deuxième, maintenant c’est Mélenchon.

- Si on suit votre analyse, c’est MLP qui gagne à la fin.

- Alors pas nécessairement. C’est plus compliqué que d’habitude. Comme si la terre avait bougé sur son axe. On passe de l’axe droite-gauche qui structurait le débat à un axe symbolisé par un deuxième tour possible entre Le Pen et Macron.

On a désormais une polarisation très forte, sociale, territoriale, culturelle dans ce nouvel axe. Peut-être encore plus qu’avec l’axe droite gauche. Plus on diminue en revenus, en CSP, en formation… plus on vote Le Pen. Plus on augmente, plus on est Macron. Ce qui rend compliqué toute estimation des votes.

D’autant qu’il faut ajouter un troisième élément : l’abstention différentielle, c’est-à-dire le taux d’abstention selon le candidat. Et Marine Le Pen mobilise mieux son électorat que les autres. Si elle arrive en plus à ramasser l’essentiel des fillonistes et des petits candidats de droite et si elle ne perd pas trop sur son électorat de premier tour, elle serait alors en position de force.

En admettant qu’elle ait fait 30 % au premier tour, elle peut avoir atteindre 50 % au second tour si le taux de participation est de 70 % au lieu de 80.

Ce sont des éléments qui s’ajoutent pour arriver à une conclusion  simple: Marine Le Pen peut gagner une élection présidentielle. 

5 « Le FN est devenu à la fois un parti de gauche et d’extrême droite »

7x7. – Ce qui concourt à l’hypothèse d’une victoire de Marine Le Pen, c’est qu’il y a un rapprochement droite/extrême droite depuis la manif pour tous et une opération de récupération de Marine Le Pen sur les valeurs de gauche : la laïcité, la retraite à 60 ans…

Laurent Bouvet. – Au sens très général, le FN est devenu en terme de valeurs, le principal parti de gauche sur le programme économique, l’investissement dans les services publics, la défense des fonctionnaires par rapport à Fillon et Macron, la défense de la laïcité et de la République.

Evidement, ses solutions ne sont pas de gauche puisqu’elles s’articulent autour d’un discours identitaires sur la France blanche et la préférence nationale.

Macron, c’est la droite et la gauche. Le FN est devenu à la fois un parti de gauche et d’extrême droite. Il n’y a plus de clivages habituels. Le FN attire les catégories populaires car il propose à la fois de retrouver une souveraineté, des frontières, une identité par rapport à la dilution de l’identité dans la mondialisation, l’immigration, l’islam. Et en retrouvant cette identité, il promet de retrouver une solidarité entre Français puisqu’on aura à nouveau les moyens de redistribuer. Cette articulation est très cohérente et la gauche a perdu cette cohérence.

- La condamnation morale est donc inutile. Pareil pour une condamnation raisonnable sur un programme économique jugé irréaliste. Tout semble inaudible  face au Front National. Il n’y aurait donc pas de solution ?

- La solution aurait d’abord été d’éviter de condamner moralement les électeurs du FN en les traitant de Dupont la joie. Sylvain Bourmeau à Libé avait parlé d’enclos en son temps. C’était très méprisant : ces gens sont des beaufs, racistes, xénophobes donc il vaut mieux ne pas s’intéresser à eux.

Ce qui avait donné la fameuse note de Terra Nova passée inaperçue au début car elle était tombée la même semaine que l’affaire Strauss Kahn, mais qui entérinait noir sur blanc cette idée que les catégories populaires, c’était terminé pour le PS. Pourquoi, comment  on en était arrivé là ? Pas d’analyse, c’est comme ça. Il faut donc trouver chez les minorités, les femmes, la banlieue, etc. la nouvelle coalition progressiste qui permettra de gagner les élections. Ce qui est évidemment une énorme connerie et en 2012, Hollande n’a pas gagné grâce à cette stratégie contrairement à ce qu’on a voulu nous faire croire. Il a gagné car les catégories populaires ont cru qu’il allait remplir ses promesses alors que Sarkozy ne les avait pas remplies. 

6 Un PS, façon puzzle

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7x7. - Maintenant que les gauches sont vraiment devenus irréconciliables, en arrive-t-on au stade où le parti peut se diviser en deux, voire en trois ?

Laurent Bouvet. - Oui. A partir de ces divisions, vont se créer de nouveaux partis. Mais ça ne s’appellera plus le PS…

- Pourtant, le PS pourrait subsister si Hamon et, pourquoi pas, Najat Vallaud-Belkacem ramassent ce qu’il en reste…

- Oui, avec les verts.  Mais ce sera un parti très déporté à gauche en concurrence avec toute la nébuleuse mélenchono-communiste et gauchiste. Le problème c’est que ce n’est plus un parti de gouvernement.

- Et le reste n’existe pas sans Mélenchon ?

- De toute façon, une fois l’élection passée, Mélenchon, c’est fini. Mais ils ne réussiront pas à faire revenir des militants qui étaient derrière Mélenchon.

Et puis il y aura une partie du PS sociale libérale qui pourra participer à la coalition Macron… en créant un parti sans adhérer à En Marche !

7 « Républicaniser Macron »

7x7. - Au delà des querelles d’ego, Valls et Macron sont aussi irréconciliables...

Laurent Bouvet. - Bien sûr. Valls est plus républicain que socialiste. Macron est plus libéral que socialiste au sens anglo-saxon du terme. Valls n’est pas du tout libéral. C’est un républicain autoritaire mais qui pense qu’il doit y avoir en économie une liberté d’organisation et de circulation.

Mais Valls pourrait être à la tête d’un petit parti démocrate. Ce serait l’aile gauche de la coalition macroniste. C’est ce qu’il joue.

- Et le Printemps républicain se situe où dans cette recomposition ?

- On n’est pas du tout vallsiste… mais on a perdu la bataille de l’image. On est des républicains de gauche.

- Et vous n’avez pas de candidats à cette élection ? Valls aurait pu en être un, plus que les autres...

- Oui mais sur le programme économique, ça aurait posé quelques problèmes. Au Printemps républicain, Il y a des gens chez Mélenchon. Pas chez Hamon. Il y en a chez Macron…

Il y a des gens au Printemps républicain pour qui Macron apparaît comme quelqu’un de pragmatique. Leur idée est de le républicaniser plutôt que de lui taper dessus. C’est une idée que je développe mais ce n’est pas facile certes.

Il  a repris le thème de l’insécurité culturelle dans une interview, mais il reprend beaucoup de choses qu’il mêle dans tous les sens. Et ce n’est pas toujours très cohérent. En attirant des gens très différents, au bout d’un moment ces gens ne verront pas ce qu’ils pourront faire ensemble.

Ce qui va être son problème principal, c’est d’avoir agrégé des gens qui, au moindre problème, vont s’apercevoir qu’ils ne sont d’accord sur rien sauf  sur le fait qu’il faut un président jeune et innovant et intelligent et qui ne soit pas Le Pen. 

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