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Les 7 romans (que vous avez ratés à l'automne) à vous offrir pour Noël

Découvrir Par Julie Color 07 décembre 2016

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Luc Lang, le septième jour

Lucas Harari - Stock
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Prévoir ses lectures pour les vacances d'hiver réchauffe le cœur. Laissez-vous guider par le choix d'une libraire...

Vous qui arpenterez les rayons d’une librairie deux jours avant Noël, laissez-vous guider par le choix de Valérie Le Bras, libraire chez Ravy, à Quimper (29). 

Le point commun de ces 7 romans ? L’ouverture au monde, le point de vue décalé qui pousse le lecteur à la réflexion, le besoin irrépressible des héros à sortir de leur vie convenue, à abandonner leur certitude ou à découvrir une manière positive de franchir les barrières.

1 Une bouche sans personne de Gilles Marchand

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Drôle et émouvant - Avec un humour décalé à la Raymond Devos ou Georges Pérec, le héros et narrateur, un homme sans prénom, a la langue bien déliée. Ce personnage, à la vie bien organisée et routinière, camoufle le bas de son visage derrière une écharpe, jusqu’au jour où il est contraint de le montrer, alors qu’il boit un café au bistrot du coin. C’est la stupéfaction.

La rupture de son secret le mène à raconter son histoire, à s’en souvenir, à l’accepter, à regarder la vie autrement, à dépasser son traumatisme.

Foutraque, drôle, tendre, Monsieur Tout-le-monde déroule, soir après soir, ce qu’est sa vie, avec une verve qui retient un auditoire de plus en plus large au point que les auditeurs se déplacent par cars entiers pour l’écouter. Le lecteur, lui, sirote ce récit, ému aux larmes ou sourire aux lèvres, au fil des pages.

Une bouche sans personne de Gilles Marchand - Aux forges de Vulcain – 282 pages – 17 €

2 Le rouge vif de la rhubarbe de Auður Ava Olafsdottir

ça faisait longtemps que vous n'aviez pas entendu de l'islandais..

Feel good book - Agustina a un caractère de cochon. Cette adolescente est obstinée et orgueilleuse et refuse toute aide malgré son handicap qui l’oblige à marcher avec des béquilles. Elle a aussi une passion pour la rhubarbe qui embaume le livre et donne à saliver au fil des pages.

En observant les oiseaux, Agustina rêve d’avoir des ailes. À défaut, elle affirme qu’elle compte escalader les 844 mètres de la montagne qui borde son village, pour voir sa mère toujours partie en voyage.

Têtue mais bouillante de vitalité, l’héroïne de cette histoire force le respect et nous amuse. C’est presque un feel good book.

Un roman islandais, terre bénie de la littérature, à mettre entre toutes les mains, jeunes et moins jeunes (Agustina a une quinzaine d’années). Dommage que la couverture ne soit pas plus fun, et c'est un doux euphémisme ! 

Extrait : 

Et bien au-delà des habitations et des derniers jardins du village, au flanc de la Montagne, à un emplacement défiant l’entendement, est perché le jardin de rhubarbe, un carré bien net de tiges d’un rouge éclatant coiffées de vert, dont nul ne connaît l’origine et que personne ne se soucie de cultiver. Son lopin de terre privé à elle, tout comme la grève.

Il lui avait fallu beaucoup d’énergie et de ténacité pour grimper jusque là-haut sous la pluie, toute seule avec ses béquilles. Même l’oiseau avait viré de bord. 

Le rouge vif de la rhubarbe de Auður Ava Olafsdottir - Zulma - Traduit de l'islandais par Catherine Eyjolfsson – 160 pages - 17,50 €. 

3 Les Bottes suédoises de Henning Mankell

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Le dernier legs de Mankell - Après Les chaussures italiennes, l’ultime roman de Mankell trace les questionnements d’un personnage à peine plus âgé que l’écrivain lui-même. De là à imaginer que ce dernier opus est un testament… il n’y a pas loin. Car le personnage, un chirurgien retiré du monde, un homme de 70 ans, se trouve privé de ses souvenirs après un incendie qui a ravagé sa maison. Alors, comment vit-on avec sa seule mémoire comme témoin de son passé ? On rêve, nous dit Mankell, on se questionne, on ose imaginer reconstruire sa vie… pourquoi pas ? et se laisser porter par sa soif de désir et d’amour. Tout est peut-être possible.

Extrait : 

« J’ai compris alors que ma conception de l’existence avait toujours reposé sur une idée fausse. Quand j’avais emménagé sur l’île, après l’erreur fatale qui avait coûté un bras à une jeune femme, c’était avec la certitude que cette maison serait encore debout longtemps après ma mort. »

Les Bottes suédoises de Henning Mankell - Seuil - Traduit du suédois par Anna Gibson – 356 pages – 21 € - Disponible en version numérique - prix indicatif : 14,99 €

4 Au commencement du septième jour de Luc Lang

Gros coup de cœur - De nos jours, à Paris, Thomas est réveillé en pleine nuit par la gendarmerie. Sa femme, Camille, vient d’avoir un accident, sur une route de Normandie, dans un endroit où elle n’aurait jamais dû se trouver. Il n’y a aucune explication à cet accident et Camille est dans le coma.

Une fois la situation campée, Luc Lang nous fait cheminer aux côtés de Thomas, dans ses pensées, au rythme de son souffle, de ses émotions, de ses avancées. Avec lui, nous cherchons la vérité qui dévoile une autre facette de la vie de sa femme, liée à son passé à elle. En parallèle, Thomas se remet en question, fouille et interroge ses certitudes. Lui qui n’avait aucun problème d’éthique à créer des programmes informatiques pour surveiller les gens dans leur travail, changera sa façon de voir les choses.

Au commencement du septième jour de Luc Lang - Stock - 544 pages - 22,50 €. Disponible en version numérique - prix indicatif : 15,99€

5 Deux remords de Claude Monet de Michel Bernard

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Pictural - Ils s’appellent Frédéric Bazille, peintre, ami et quelque peu mécène de Claude Monet et Camille Doncieux, muse et première épouse de l’impressionniste. Ce sont eux les héros du livre de Michel Bernard, romancier sensible et amoureux déclaré du peintre mais aussi haut fonctionnaire de la place Beauvau de son état.

Dans une écriture très directe, sans fioriture, les mots justes décrivent la vie et l’entourage de Claude Monet, son caractère taciturne, sa fidélité à toute épreuve à son ami et à son amour.

N’hésitez plus à offrir ce livre que nous avions déjà recommandé. Si le destinataire connaît bien le peintre, il retrouvera la lumière, la nature, le rythme des saisons… Plus néophyte, le lecteur découvrira toute la sensibilité et l’histoire qui se cache derrière des toiles de maître.

Un seul regret, ou plutôt une question : le remords inclut dans la douleur morale une conscience d’avoir mal fait, mal agi. Le mot est pesant alors que le livre est si léger !

Pour faire connaissance avec le sous-préfet Michel Bernard, l'ami de Bernard Maris

Deux remords de Claude Monet de Michel Bernard - La Table Ronde - 224 pages - 20 €

6 Écoutez nos défaites de Laurent Gaudé

Ecoutez François Busnel, pour l'animateur de la Grande librairie, c'est le meilleur roman de Gaudé" et "le plus puissant"

Un hymne à la liberté - Assem, agent des services de renseignements français, a pour mission de retrouver un Américain déserteur, ancien des commandos d’élite) qui s’adonne à la contrebande d’objets volés. Il rencontre Mariam, archéologue irakienne, chargée de récupérer des œuvres d’art, dans les décombres de la guerre. Face à eux, il y a forcément une armée de personnages peu recommandables. Pour le décor, ce sont des terrains de guerre, la récente prise de Mossoul, la chute de Kadhafi, celle de Ben Laden, mais aussi les grandes batailles d’Ulysses Grant ou encore d’Hannibal.

Laurent Gaudé s’appuie sur la grande Histoire pour mieux poser sa réflexion : qu’est-ce qu’une défaite ? qu’est-ce que vaincre ? Que se passe-t-il après une bataille, qu’elle soit perdue ou gagnée ? Ce sont les questions auxquelles répondent nos deux personnages, Assem et Mariam. Ils avancent, main dans la main (car, oui, ils s’aiment), dans ce fatras d’horreurs en tentant de rester libres face une chute inéluctable.

Écoutez nos défaites de Laurent Gaudé - Actes Sud, 288 pages, 20 €

7 Un paquebot dans les arbres de Valentine Goby

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Coup de cœur - La sécu, ça sert à quoi ? ce roman rappelle que, faute de soin, on peut mourir. Vers la fin des années 50, la Sécurité sociale ne protège pratiquement que les salariés. Les autres tardent à se soigner, hésitent face aux coûts. L’héroïne de ce roman a pâti de cette médecine à deux vitesses. Elle a vu sa famille ruinée par le coût des soins nécessaires à ses deux parents atteints de tuberculose. Ils se retireront dans ce paquebot lové dans les arbres, du nom que l’on donnait aux sanatoriums dans les années 30 car leur architecture et leur terrasse plein sud y faisaient penser. Alors, quand elle reçoit sa première fiche de paie de salariée, Mathilde s’assure qu’il y a bien une ligne de cotisation “sécurité sociale”.

Un roman social mais aussi une lecture politique à l’aune de certaines propositions qui tendent à privatiser une partie de notre Sécurité dite Sociale.

Extrait de la déclaration de Valentine Goby, sur le site d’Actes Sud :

J’ai voulu, encore une fois, mettre en lumière l’extraordinaire capacité de résistance des plus éprouvés. Dans la France des Trente Glorieuses, de la Sécurité sociale et des antibiotiques, qui à certains donnent l’illusion de l’immortalité, la maladie reste, comme le dit Jean-Paul Sartre évoquant la peste, une exagération des rapports de classe.

Un paquebot dans les arbres de Valentine Goby - Actes Sud - 272 pages - 19,80 € - Version numérique, prix indicatif : 14,99 €

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